Je n'aimais que moi,
J'étais jeune et belle
Et dans ma poitrine
De l'or palpitait;
Sur le toit du monde,
J'engueulais les étoiles
Et le diable !
Je n'ai plus de sous,
Je n'ai plus d'amis,
Ma tête blanchit,
Ma peau se ride :
C'est au quatre veines
Que ma peine me saigne…
Et me voici
Rien dans les mains !
Ma pauvre vie,
Qu'on me la vole :
C'est du sable, c'est du vent…
Mais je m'amourache
De simples humains;
Je m'emmitoufle
Dans leurs petits bonheurs,
Leurs rêves s'entortillent
Autour de mon âme…
Et j'aimerais aussi
Peindre des couleurs vives sur les nuages,
Chanter les refrains de Trenet et Bécaud,
Caresser des petits enfants au berceau…
Et me voici comblée
Rien dans les mains !
Ma pauvre vie,
Qu'on me la vole :
C'est du sable, c'est du vent …
Rien dans les mains,
Tout dans le cœur,
Tout tendresse, tout sourire…
Rien dans les mains
Qu'un grand bonheur
Qui m'envahit,
Me chavire, m'ensoleille…